Manu Chaput pour l’association Teriaki

Puisque Les Siestes Teriaki se déroulent ce week end, nous avons profité de l’occasion pour poser quelques questions à Manu Chaput, Président de l’association.

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Bonjour Manu, est-ce que tu peux nous présenter l’association Teriaki et ton rôle dedans ?

Je suis Manu Chaput, président de Teriaki depuis quelques années maintenant, même si je n’ai pas toujours été président car nous faisons tourner les fonctions. Nous existons depuis 1996, avec une première période plutôt dédiée à l’organisation de concerts en milieu rural (autour de Bouloire) puis un festival de musique amplifiée (d’une forme un peu plus classique) de 2001 à 2005. Depuis 2008, on organise une autre forme de festival, dédié au musiques amplifiées et scénographiés (le festival Teriaki), en essayant de présenter différemment la musique que l’on peut trouver dans les salles de concerts. Mais avec des scénographies un peu plus élaborées, et dans des lieux qui ne sont pas des lieux de concert. En plus de ça, nous organisons des concerts tout au long de l’année, notamment en partenariat avec l’Excelsior d’Allonnes, les différents bars de la ville, ou bien d’autres structures.

Est-ce que les Siestes Teriaki ont débutées en même temps que le festival Teriaki ?

La première fois qu’on a fait les Siestes, c’était en 2007, sous un chapiteau aux Subsistances. Dès 2008 , on a décidé d’intégrer les Siestes comme événement de clôture du festival. En 2011, quand le festival est passé en biennale, nous avons décidé que les siestes resteraient un des éléments du festival qui se répéterait tout les ans. On retrouve donc les Siestes sur le dernier week-end d’août tous les ans, avec une version plus « light » les années de festival, et une version étendue pour les années sans festival, comme c’est le cas cette année. Deux jours de Siestes, avec plus de concerts et plus d’installations.

Pourquoi avoir choisi l’abbaye de l’Epau comme lieu pour les Siestes ?

Nous avons déjà testé les siestes dans différents lieux. Sous un chapiteau au début, puis le parc du Gué de Maulny et le parc Monod, qui se prêtait vraiment à ce genre de délire. Ensuite, en 2011, nous avons rencontré le Conseil Départemental à qui appartient l’Abbaye de l’Epau. Nous pensions que c’était le lieu le plus adapté pour accueillir du public de tout âge – néophyte ou connaisseur – dans un vrai parc, avec de l’espace et dans un cadre sympa. Cela nous permet aussi de profiter des différentes pièces de l’abbaye pour y intégrer une partie arts numériques. L’abbaye de l’Epau rassemble vraiment toutes nos conditions, et au fur et à mesure, c’est devenu un vrai partenariat pour nous avec le centre culturel de la Sarthe.

Sur la programmation des Siestes on peut voir un mélange entre des groupes locaux, et des groupes qui viennent de parfois très loin. Est-ce que Teriaki a une volonté de mettre en avant ses coups de cœur de la scène locale ?

Nous ne fonctionnons vraiment pas sur le principe de faire venir des groupes locaux pour faire venir du monde. Pour les Siestes, nous savons très bien que l’on peut programmer les plus illustres inconnus, car les gens viennent pour le concept plus que pour les concerts. On ne veux surtout pas programmer des groupes locaux comme faire-valoir ou pour nous aider à remplir, puisque nous n’avons pas besoin de ça. Si on programme des groupes locaux, c’est parce qu’on trouve qu’il y a une vraie richesse sur le territoire, qui progresse d’année en année ! Nous programmons S T Ø J cette année (la moitié rythmique de Quadrupède) parce qu’on lui fait confiance à 100% et on sait qu’il va nous sortir quelque chose vraiment très bien. On ne se pose pas la question de savoir si c’est local ou pas. Cette année pour les Siestes, on aura donc S T Ø J, mais aussi Raphaëlle Duquesnoy, qui vient des beaux-arts du Mans, qui fait une installation qui s’appelle “Framephonic” et nous proposons également un espace au Hackerspace de l’Université du Maine, qui sont des espèces de doux-dingues, à qui nous faisons entièrement confiance pour réaliser une installation.

Deerhoof, lors du festival Teriaki 2015

Deerhoof, lors du festival Teriaki 2015

On peut aussi voir des projets très expérimentaux dans la programmation des siestes. Est-ce que c’est ce format « Siestes » qui permet une telle liberté ?

Quelque soit la programmation, le public à confiance dans nos choix. Ce qui nous permet vraiment d’expérimenter des nouvelles choses. Notre programmation est plutôt équilibrée au final, tu peux y voir par exemple Forever Pavot, qui est un groupe indé mais avec une musique très accessible. On a programmé des coups de cœur beaucoup plus expérimentaux, comme par exemple Prune Béchaut, qui est une personne que l’on a rencontré au détour d’un concert dans une friche industrielle, dans un garage à Tours, et dont le concert nous à mis une énorme baffe !

Les Siestes sont le moment pour proposer ce genre de projet, l’entrée est gratuite, donc on y perd pas grand chose. Au pire on aime pas et ce n’est pas très grave, et au mieux on se laisse emporter par ce à quoi on assiste. On se rend compte aussi que les gens sont bien plus curieux que ce qu’ils le pensent eux-mêmes. Imagine-toi dire à un couple de 70 ans de venir écouter de la musique expérimentale dans une cave du Mans … Ils vont se dire que ce n’est pas leur place. Le fait d’être à l’Abbaye de l’Epau fait disparaître ces codes et ces barrières, et les gens sont prêts à écouter des choses différentes. L‘après-midi, c’est un bon moment d’écoute, et encore plus quand on te propose de t’asseoir ou de t’allonger pour écouter de la musique. C’est sûrement ça qui permet de programmer des projets plus pointus, parce que l’attention du public est plus importante.

Est-ce que c’est ça qui explique la différence de programmation entre les Siestes et le festival Teriaki ? Ou bien est-ce qu’un groupe pourrait jouer au deux ?

Bien sûr, un groupe pourrait jouer aux deux. On oriente forcément la programmation des Siestes, on ne vas pas programmer un groupe de rock super vénère sur un événement qu’on appelle les Siestes, ça n’aurait pas beaucoup de sens. Maintenant, certains artistes sont parfaitement capable de faire les deux. Par exemple, en 2012, Zombie Zombie étaient programmés aux Siestes, mais ils auraient aussi très bien pu jouer sur le festival, comme cette année Forever Pavot. Par contre, ce n’est pas parce qu’il s’agit des Siestes et que c’est familial qu’on va faire un évènement édulcoré.

On cherche surtout une cohérence entre le lieux, l’artiste et l’évènement. Parfois ça dépend seulement du ressentis. Quoi qu’il en soit, tous les ans on continue de tester des choses. Par exemple, l’an dernier, on avait programmé Los Piranas pour clôturer les Siestes. Ce n’est pas forcément le genre de groupe auquel on s’attend, mais le public venait de sortir de 4 jours de festival, et on voulait qu’il donne ses “dernière forces dans la bataille”, et que le dernier souvenir du festival soit les gens qui dansent à 19h à l’Abbaye de l’Epau ! On essaye toujours de se mettre à la place du public, et de faire monter une sorte de pression, que les événements ne soient pas juste des concerts qui s’enchainent et se ressemble un peu tous.

L'installation "Horizon", lors des Siestes 2015

L’installation “Horizon”, lors des Siestes 2015

Aux Siestes Teriaki, il n’y a pas que des concerts, on peut aussi y voir des ateliers et des installations. Est-ce qu’il s’agit d’un événement ou l’on peut amener quelqu’un qui n’est pas du tout intéressé par la musique, uniquement pour le lieu et les choses à voir ?

C’est le but ! Les Siestes, c’est comme une grosse table de mixage ou tu choisis vraiment ce que tu veux faire. Il y a vraiment plusieurs lectures, on essaye d’avoir des installations qui tiennent de la magie pour ceux qui n’y connaissent rien, et des tours de force techniques pour ceux qui s’y connaissent un peu plus. On peut passer une partie de son temps à aller voir les installations, découvrir comment elles sont intégrées … Il y a aussi des ateliers destinés aux enfants, qui permettent de mieux comprendre les installations ou la musique que tu vois ou entends. L’idée c’est de garder toujours ce va-et-vient entre un auditeur passif et un spectateur actif. Par exemple, avec l’installation Framephonic, on a 3 cadres sur le lieu, mais sans toile de fond. Le son des scènes est envoyé dans ce cadre, et le spectateur peut mettre la main à travers ce cadre, et modifier le son, en en changeant la hauteur ou en appliquant des effets dessus, en fonction de la position de sa main dans le cadre. On essaye de garder un lien entre les installations et la musique.

Est-ce qu’on peut avoir une petite idée de ce que prévoit Teriaki pour le futur ?

Non ! parce qu’on en a nous même aucune idée pour l’instant. On a du mal à travailler sur le long terme. Pour chaque événement, on donne toutes nos forces en se disant que c’est peut-être le dernier. On sait que le festival a marqué les esprits l’an dernier, par les lieux qui ont été utilisés, mais on sait également que l’année prochaine nous n’aurons plus ces lieux là, parce que Etoc Demazy va être réhabilité. On essaye de réinventer les évènements tout les ans, donc on peut encore s’attendre à tout … Mais on aime avoir ce luxe de pouvoir modifier ce qu’on fait constamment, de ne jamais refaire deux fois la même chose. En tout cas à la rentrée on continuera à faire les escales expérimentales à la Péniche et puis on verra pour le festival de 2017, qui sera sous une forme qu’on ne connait pas encore.

Les Siestes Teriaki, c’est ce week-end, samedi et dimanche. Quand est-ce qu’on y va ?

C’est de 14h à 19h samedi et dimanche, et c’est gratuit ! On peut venir avec son pique-nique, avec ses copains, avec ses parents, avec ses grand-parents, avec son jeu de molkky, avec sa petite couverture pour se mettre dans l’herbe … La seule chose qu’on demande, c’est de venir avec le sourire !­

Propos recueillis le 25/08/16 par Léo Boisson.

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